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Voyage en absurdie
Ressenti de l'usager : Négatif
Je vous écris pour exprimer mon profond dégoût — oui, dégoût — face à l’expérience administrative grotesque que j’ai vécue dans le cadre de ma demande de renouvellement de permis de conduire.
Tout y était : l’anonymat glacial, l’arbitraire absolu, les réponses automatiques impersonnelles de l’« agent de l’État » qui, bien à l’abri derrière son écran, s’autorise à exiger, rejeter, et exiger encore — sans jamais signer son nom. À chaque échange : 80 mots pour répondre. C’est-à-dire : rien. Juste de quoi bredouiller un oui, un non, un « je vous en supplie, ayez une âme ».
Puis vient le ballet kafkaïen des pièces justificatives. D’abord un certificat médical. Mais pas n’importe lequel : il faut un médecin. Ah non — pas votre médecin traitant ! — un médecin agréé par la préfecture, dans une salle d’attente digne d’un film soviétique, pour 36 euros les cinq minutes, dont deux à chercher un stylo.
Et pourquoi ? Pour qu’au final, ma demande soit rejetée une nouvelle fois, au prétexte que la photo serait “non conforme”. Une photo prise dans un photomaton homologué, avec leur QR code, leur fond clair, leur tête bien droite. Mais bien sûr : ce n’est jamais assez. Ni clair, ni net, ni conforme à une logique humaine.
On ne parle plus ici de sécurité, d’ordre ou de service public. On parle de pouvoir sans visage, d’une bureaucratie sans cœur, d’un système qui piétine avec une élégance glaciale la moindre tentative de bonne foi.
Je n’ai plus besoin de réponse. Ni de justificatif. Je voulais seulement que quelque part, dans une base de données, dans une messagerie interne, le hurlement d’un citoyen normalisé mais pas encore lobotomisé résonne une fois.
Veuillez agréer, ou non, mes salutations — puisqu’au fond, tout cela est devenu parfaitement accessoire.
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