La CAF et la langue française courante
Ressenti de l'usager : Négatif
Je devais mettre à jour, dans le cadre de l’allocation de rentrée scolaire, la situation de mon enfant. Je découvre alors que la CAF a changé sa situation depuis le 1er mai (premier jour du mois de son 16e anniversaire) et qu’elle est désormais considérée comme « étudiant » (qui n’est même pas décliné au féminin). Pourtant, dans la vraie vie, rien n’a changé dans son statut au 1er mai : elle est restée lycéenne.
Puis il m’est demandé si elle est toujours « étudiant ».
D’après la définition du Robert (« personne qui fait des études supérieures »), ma fille n’est pas étudiante. Je ne peux donc pas répondre « oui ». Mais j’hésite à répondre « non » : puisqu’elle est déjà considérée comme « étudiant », ce serait indiquer qu’elle a changé de statut, ce qui n’est pas le cas.
J’écris alors un message sur la page de contact de la CAF au début de l’été. Deux semaines plus tard, je reçois un courriel qui m’indique que « [ma] demande nécessite un examen approfondi » et a été transmise à un expert.
Début septembre, n’ayant toujours pas de réponse, j’appelle le 3230. La conseillère qui me répond permet de résoudre mon problème (quel besoin y avait-il donc de demander un « avis d’expert » ?), mais elle me dit des choses qui me semblent aberrantes :
— Ce serait normal que la situation de mon enfant soit modifiée par la CAF, unilatéralement, de façon opaque.
— Le mot « étudiant » serait à appliquer à tout élève après le collège. Non seulement c’est contraire à la définition du dictionnaire, mais c’est contradictoire : dans ce cas, mon enfant aurait dû être considérée comme étudiante dès le 1er septembre 2024, date de son entrée au lycée, et non à partir du 1er mai 2025.
Il s’agit d’un anglicisme : en anglais, « student » se dit d’un ou une élève en « high school », équivalent du lycée. Pourtant, c’est le français, non le franglais, que la Constitution désigne comme « la langue de la République ».