Quand le social n'existe plus
Ressenti de l'usager : Négatif
Je connais actuellement une situation difficile alternant difficultés à trouver un emploi et dépression. C'est pourquoi durant cette période, je suis bénéficiaire du RSA : un minimum social qui exige des sacrifices financiers mais me permet de payer mon loyer et une partie de mes charges en attendant de sortir de cette situation précaire. Je suis à la lettre et en temps et en heure toutes les demandes et démarches que la CAF me demande d'effectuer. Cela fait 3 mois que je suis privée de RSA donc de revenus. La CAF bloque mon dossier en demandant des compléments d'information à ma déclaration de revenus trimestrielle que je fournis et qui mettent à chaque fois plus d'un mois à être étudiés puis remis en question sans aucune raison valable. Je contacte la CAF plusieurs fois par semaine pour sortir de cette situation. Des téléconseillers, plus ou moins formés, me donnent à chaque fois des informations différentes et m'affirment que mon dossier fait partie des dossiers urgent. J'estime qu'au bout de trois mois la notion "urgente" n'a plus aucun sens. Je reste polie et courtoise mais je suis totalement désespérée. Je fonds régulièrement en larmes au téléphone en imaginant que très prochainement je risque de perdre mon logement et de ne plus pouvoir me nourrir. En demandant à parler à une personne plus haut placée dans la hiérarchie, une des téléconseillères m'a dit que je n'étais pas à plaindre et que ces personnes avaient autre chose à faire que de traiter mon dossier. Trouvez-vous que laisser une personne durant 3 mois en aggravant sa précarité, dans un contexte où l'aide sociale existe et où le bénéficiaire est éligible, ne mérite pas de se plaindre ? En dehors de cette urgence vitale quotidienne, je n'ai même plus de quoi payer un transport pour me rendre en entretien d'embauche. Seulement le travail n'est pas toujours sur le trottoir d'en face et la solidarité et le social sont de vains mots.