Perte d'emploi ce mois-ci faute de renouvellement
Ressenti de l'usager : Négatif
Cette semaine, je perds mon emploi faute d'une nouvelle carte professionnelle du CNAPS qui ne prend pas en considération les récépissés de la préfecture de L'Essonne. De la pure injustice administrative dont nous sommes victimes.
Voilà comment des citoyens intègres, sérieux et qui apportent de la plus-value à ce pays sont plongés du jour au lendemain dans la précarité la plus totale, beaucoup dans l'amertume, voire la déprime et la rancœur. J'en connais un paquet de gens comme ça.
Voilà comment en quelques mois, le service public français détruit des vies innocentes.
Voilà le message que nous délivrent les préfectures, que dis-je, le gouvernement français.
Si la France n'a plus besoin de nous, on pourra le comprendre. Mais s'il vous plaît, donnez-nous du temps, quelques années pour organiser notre départ de France. Je connais tellement d'Algériens qui ont compris que c'est le moment de partir. Mais pas de cette façon.
Le message qui est envoyé, du moins qui est reçu par les étrangers et les immigrés est que le pacte républicain, l’État de droit, le droit à la dignité ne les concernent pas.
C'est triste, car si moi je suis arrivé à penser cela avec toute l'amertume qui l'accompagne, que dirais-je de milliers d'autres ?
Écrire à la préfecture ne sert à rien. Se plaindre ne sert à rien. Nous sommes juste des corps visibles de l'extérieur, inexistant de l'intérieur, qui attendent, à la merci d'une machine qui broie les destins.
Douze ans de vie ininterrompue en France et en quelques mois, on a détruit en moi toute confiance de vouloir bâtir un avenir en France.
Je pense donc que mettre en difficulté des dizaines de milliers de travailleurs étrangers sérieux et intégrés n'est pas la bonne voie.
Je pense au contraire, qu'il faut faciliter la délivrance des titres de séjour tout en faisant passer le message que c'est le moment de préparer son départ. Et ce message, il est déjà reçu par des milliers d'entre nous...