59 ans d'apiculture
Ressenti de l'usager : Négatif
J'ai transmis mon exploitation apicole à mon fils aîné en 2018 constituée de 140 ruches en production. Cette année toutes les ruches subissent un empoisonnement dû à un mélange d'Acétamiprid et de Boscalid. Ce n'est pas moi qui le dit mais les résultats d'analyses réalisées par deux laboratoires différents (Angers et Villeurbanne). Remarquons au passage que le Boscalid a été interdit en 2013 et que 5 ans après, il nous tue la quasi totalité de notre outil de production.
Cette année 2024 est dans la continuité puisqu'un paysan a traité ses colza en fleurs depuis plus de cinq semaines (pendant midi), provoquant la perte de 50% de notre outil de production et faisant passer le nombre de ruches tuées sur l'exploitation à 730 en 7 ans.
L'indemnisation de ces pertes successives (chiffrées par le comptable s'élèvent à une somme avoisinant les 700 000€), se monte à ZERO. Dans le même temps, le paysan qui enfreint la loi continue de toucher son aide PAC de 37 000€ annuelle.
Depuis 2006, la loi nous oblige à assurer notre chiffre d'affaires, mais comme dans le même temps l'OMAA publie que les apiculteurs perdent en moyenne 32% de leur cheptel, l'assureur refuse de prendre en considération les sinistres successifs, prétextant qu'il ne peut faire un pari en étant certain de perdre.
La conclusion de cet état de fait est que l'apiculteur, victime de l'empoisonnement de son cheptel, assume seul les pertes pendant que le contrevenant à la loi continue d'être récompensé par une aide annuelle de PAC qui se monte à une moyenne de 45 555€ sur notre canton.
Ne pouvant pas laisser mon fils agé de 26 ans, jeune pacsé avec un bébé de 9 mois, assumer des pertes aussi colossales, c'est moi qui ai englouti la totalité de mes économies à tel point, qu'aujourd'hui, je me retrouve dans l'incapacité de payer ma taxe foncière, et de me chauffer cet hiver.
Inutile de dire que je prends cela comme une injustice caractérisée.