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Dettes qui se cumulent et statut d'indépendant pénalisé
Ressenti de l'usager : Négatif
Mère isolée de deux étudiants, alternant des périodes de salariat et des revenus d'artiste-auteure, je me retrouve depuis 2020 dans une situation kafkaïenne avec la CAF.
Chaque année, le même scénario se répète : je perçois quelques mois d'APL (trois ou quatre tout au plus), puis je reçois un avis de dette fondé sur des recalculs remontant parfois deux ou trois ans en arrière. Les indus s'accumulent et se superposent comme un mille-feuille administratif, sans que je parvienne à comprendre la logique des calculs.
Lorsque je fais le bilan entre les aides effectivement perçues et les sommes que j'ai dû rembourser, il ne me reste parfois qu'environ 200 € d'aides pour une année entière, alors que mes revenus annuels s'élèvent en moyenne à 20 000 €. Cela représente environ 1 666 € par mois pour vivre à Paris avec deux enfants à charge, sans pension alimentaire.
À revenus équivalents, si j'étais salariée toute l'année, je percevrais des aides nettement plus importantes. Je suis donc clairement pénalisée par mon statut de travailleuse indépendante. Un agent de la CAF m'a d'ailleurs confirmé que des barèmes différents s'appliquent aux indépendants.
Pourtant, les travailleurs indépendants ne bénéficient pas de l'assurance chômage, règlent eux-mêmes leurs cotisations sociales à l'URSSAF sur leurs revenus, et savent que leurs droits à la retraite seront souvent très faibles malgré ces cotisations. Dans ces conditions, le traitement qui leur est réservé par la CAF apparaît profondément injuste.
À cela s'ajoute une opacité de fonctionnement particulièrement éprouvante : il est extrêmement difficile de joindre un conseiller, les explications fournies sont souvent inexistantes ou incompréhensibles, et les réponses aux courriels, lorsqu'il y en a, se limitent à des formules stéréotypées qui n'apportent aucune réponse aux questions posées.
Cette absence de transparence et de dialogue place les allocataires dans une insécurité permanente.